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Coiffure masculine: le paradoxe de Saint-Germain-en-Laye

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Pris en tenaille entre les évolutions de la profession et de la société, la coiffure masculine disparaît de Saint-Germain malgré une demande florissante. Rencontre avec Patrice Lamy, de Coiffure Henri.

 

Tout a changé autour de Patrice Lamy. La rue des Coches est devenue piétonne. De nouveaux commerces s’y sont installés alors que d’autres ont fait peau neuve. Son salon de coiffure, Coiffure Henri, lui, est toujours là, au numéro 10. Le décor, les magasines, les fauteuils… Il n’a pas vraiment fait de retouches. En dix ans, seules des photos de ses enfants et petits-enfants ont fait leur apparition sur le comptoir.

Coiffure Henri est aujourd’hui l’un des derniers coiffeurs pour hommes à Saint-Germain-en-Laye. Autrefois un pivot de l’artisanat local, la coiffure masculine a progressivement disparu. Après la guerre, notre belle ville  comptait « sept-huit » salons, selon Lamy. Aujourd’hui, ils ne sont plus que deux: Coiffure Henri et Coiffure Jean-Pierre Pagès (4bis rue Danès de Montardat – 01 39 73 35 97).

Patrice Henri, propriétaire de Coiffure Henri

Patrice Lamy, propriétaire de Coiffure Henri

Pour le coiffeur, la tendance s’explique par « l’orientation coiffure mixte » des formations de coiffeurs et une féminisation de la profession. « En 20-30 ans, il y a eu une formidable féminisation du monde de la coiffure. Beaucoup de femmes font désormais de la coiffure et, en réalité, on trouve assez peu d’hommes, » constate Patrice Lamy, qui a été formé par son père. « Et puis, les enfants de coiffeurs se détournent du métier: ils ont vu leur père trimer toute leur vie et décident de faire autre chose. » Résultat: à la retraite, le salon n’est pas repris. C’est ainsi que les salons de coiffure masculine de la rue des Louviers, du Vieil Abreuvoir ou de la Rue de Pologne pour ne citer qu’eux ont progressivement laissé place à des magasins d’habillement ou des fleuristes.

Les enfants de coiffeurs se détournent du métier

Pourtant, le salon de Patrice Lamy ne connaît pas la crise.  Malgré la déferlante des franchises de coiffure mixte  à Saint-Germain, il a su se construire une clientèle fidèle depuis l’ouverture du salon par son père en 1963. En atteste son carnet de réservations archi-comble pour les semaines à venir. « C’est un vrai métier de coiffer les hommes, de savoir faire  un dégradé aux ciseaux par exemple, avec un outillage spécifique, souligne-t-il. Les coiffeurs mixtes ne savent pas le faire. »

Patrice Lamy, qui pourrait être à la retraite, cherche à présent à revendre son salon. Sans illusions.  » Le repreneur sera sans doute un magasin de fringues, pas un coiffeur, avance-t-il. C’est dommage parce qu’il y a une vraie demande, un vrai potentiel. » En tout cas, si vous cherchez une reconversion par temps de crise, la coiffure masculine cherche des magiciens du ciseaux…

 

loupe2Coiffure Henri – 10 rue des Coches – 01 34 51 49 51

Written by buisson28

février 28, 2009 at 21:59